Le 11 juin 2008, est sorti dans nos salles la nouvelle réalisation de Night Shyamalan : "Phénomènes". Un titre tout à fait normal au vue des antécédents du réalisateur en question. Cependant, derrière cet intitulé, se cache un film plein de suspens et d'intrigue, suscitant une foultitude de questions chez le spectateur. Le réalisateur met au premier plan un Mark Wahlberg dans le rôle du prof de sciences totalement dépassé par les évènements.
Il n'est guère aisé de mettre en évidence une menace invisible sur grand écran. Pourtant, c'est ce que fait Shyamalan avec talent dans ce film. Il réussit à nous inquiéter en usant simplement du souffle de vent balayant les prés et fouettant les branches des arbres. Il fait d'un endroit bucolique, un véritable territoire de mort, un véritable enfer. Mais alors pourquoi avoir choisi la flore comme ennemi ? Peut être pour dénoncer l'insouciance de l'Homme vis à vis de la nature. Peut être pour montrer que l'Homme n'est à l'abri nulle part en ce bas monde. Peut être pour aucune raison. Ce qui est sûre en revanche, c'est que tout l'art de Shyamalan réside dans cette faculté de faire d'une situation quelconque, une situation conjuguant à la fois stress et angoisse.
Tout le monde connaît le vieil adage affirmant qu'à chaque problème, il y a une solution. Or, Shyamalan va tout mettre en oeuvre au travers de son film pour nous prouver le contraire. En effet, il va poser le problème mais sans l'éclaircir par une quelconque réponse ou solution. A première vue, cet état de fait paraît plutôt compliqué, dans le sens où c'est le spectateur qui doit tenter de trouver les réponses par l'intermèdiaire de sa propre réflexion personnelle. Il est donc évident que cette réalisation ou plutôt les questions qu'elle renferme, n'admettent pas de réponses exactes ni de solutions vérifiées et vérifiables. Le spectateur est donc invité à formuler des hypothèses pour comprendre les "Phénomènes", mais sans les vérifier. Shyamalan veut sans l'ombre d'un doute créer une situation de discussion, afin que nous puissions savoir si l'Homme mérite encore aujourd'hui sa place sur terre.
Il n'hésite pas à montrer les limites de la science et notamment des mathématiques, face à une situation d'incompréhension totale, comme c'est le cas dans le film. Pour cela, il introduit John Leguizamo dans la peau d'un professeur de mathématiques, lui aussi tout à fait désorienté et incapable de comprendre les phénomènes. Le réalisateur s'acharne à montrer au travers de diverses répliques, que les probabilités et les statistiques rassurent les populations en cas de crises mais ne résolvent en rien les problèmes. Aucun calcul, aucune formule, n'est capable d'apporter une réponse concrète à un problème de cette ampleur. De manière générale, le spectateur se rend compte alors que l'Homme ne possède qu'une vision théorique du monde et ne peut ni savoir et ni comprendre de manière concrète, les phénomènes qui l'entourent.
En somme, Shyamalan nous livre à nous même en nous laissant dans le flou et dans la réflexion. Mais alors comment interpréter un tel scénario ? L'Homme est-il aujourd'hui en mesure de réagir face à de tels phénomènes ? Quelles conclusions devont nous en tirer ? Voilà quelques questions auxquelles est confronté le spectateur lorsque le générique de fin est lançé. Le mystère plane. C'est ça, Shyamalan...

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