Il est
plutôt rare de se dire que de tels moyens financiers pourraient
être engagés dans le cadre de la réalisation d'un film. Ce ne sont
en effet pas moins de 500 millions de dollars que James Cameron a
su magnifiquement utiliser pour certains, ou gaspiller pour
d'autres. "Avatar" apparaît à quelques jours de sa sortie (en
décembre dernier), comme le long métrage le plus attendu de la fin
de la première décennie des années 2000. Proposé dans un semblant
de 3D dans de nombreuses salles, Avatar a réussi à mettre en
ébullition les Box-Offices du monde entier. Avec un voyage dans un
univers réinventé de toute pièce par JC, l'immersion est
totale et peu de spectateurs pourront ressortir des salles obscures
et se vanter de ne pas avoir été envoûté par la féerie de
Pandora.
En
2154, les humains ont découvert une planète située à des années
lumière de notre Terre : Pandora. Sur cette planète, sont
découverts de gigantesques gisements d'un minerai dont la valeur à
la revente est absolument exceptionnelle. Cependant, ce nouveau
monde est peuplé d'indigènes que l'on nomme les Na'Vi. Une
population qui n'entend pas céder la précieuse ressource convoitée
par les humains.

"Avatar", la déception des Oscars
La 82ème cérémonie des Oscars, s'est tenue le 7 mars dernier à
Los Angeles. Inutile de rappeler que la super production de James
Cameron était au coeur des meilleurs pronostics à quelques heures
du levé de rideau. Cependant, le résultat fût quelque peut étonnant
voire décevant pour "Avatar". En effet, seuls trois Oscars ont été
décernés en faveur du nouveau petit chef d'oeuvre de JC. Parmi eux,
celui des meilleurs effets spéciaux, de la meilleure direction
artistique et enfin celui de la meilleure direction photos. Nominé
pour 9 Oscars, JC et son équipe a dû se contenter du tiers et
laissé filer les autres en direction de Kathryn Bigelow
(ci-dessous) et son film "Démineur". Un résultat qui laisse deviner
une certaine déception pour le réalisateur du célèbre "Titanic",
même si celui-ci peut se réconforter avec les résultats
convaincants au niveau du Box-Office mondial.

(James
Cameron et Kathryn Bigelow à la cérémonie des Oscars
2010)
Lorsque "Avatar" rime avec dépaysement
Une fois
que vous êtes confortablement installé au fond de votre fauteuil,
le récipient de pop-corn sur les genoux et les lunettes calées sur
votre nez, le spectacle peut commencer et le vaisseaux
spatial peut alors décoller. C'est en
effet un voyage de 2 heures et 40 minutes auquel nous invite
James Cameron. Une beauté visuelle encore jamais vu au cinéma,
conjuguée à des effets spéciaux tout à fait remarquables. La
richesse des décors est tout simplement époustouflante, et la
profondeur de champ épatante. De même, James Cameron injecte
une bonne dose de couleurs vivifiantes à ses décors, qui sont
exaltées grâce au relief rendu possible par le port des lunettes
"3D". Les détails nombreux et raffinés donnés à la jungle, présente
dans la majorité des scènes, nous en mettent plein les mirettes.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier de souligner la magnifique et
prenante B.O concoctée par James Horner, qui rajoute de l'intensité
à la dimension spectaculaire du film. Le mélange donne donc un
résultat visuel et auditif absolument impressionnant qui offre aux
spectateurs une immersion totale dans un autre monde, celui de
Pandora.

Le
genre humain colporte ses plus grands
défauts
Pourquoi
dépenser près de 500 millions de dollars, si ce n'est pas pour
faire passer un message et dénoncer les plus grands maux de nos
sociétés ? Il aura donc fallu de grandes créatures bleutées à James
Cameron pour aborder des thèmes qui nous concerne au quotidien.
Dans un premier temps, il est assez aisé de se rendre compte que JC
vient à travers son film défendre la cause écologique. L'Homme a en
effet épuisé les ressources de sa planète et rendu stérile la Terre
qui l'a vu naître. C'est donc de sa survie, que dépend un tel
voyage vers un astre inconnu jusqu'à lors. Le message est donc
clair, l'Homme doit revoir son comportement vis à vis de
l'environnement, sous peine de voir mourir peu à peu sa
planète.
Présent
depuis toujours au sein de nos sociétés, le racisme fait son
apparition sur Pandora. En effet, dans les deux camps (Humain et
Na'vi), c'est bel et bien la peur qui est palpable. James Cameron
parvient à mettre en scène une peur de l'étranger, de l'inconnu, de
la différence physique et de la divergence des modes de vie. Cette
xénophobie pressante, est en fin de compte l'un des éléments clés
de la réalisation. Un élément que l'on retrouve sur Terre et sur
Pandora.
"L'avarice
perd tout en voulant tout gagner" a dit un jour Jean de La
Fontaine. Une citation qui résume à elle seule le comportement
humain que nous décrit James Cameron dans "Avatar". C'est en effet
un comportement qui n'attache aucune importance aux dommages
collatéraux engendrés par les moyens mis en place pour atteindre
l'objectif de départ: obtenir le riche minerai. Cependant, c'est
cette insoucience des dommages collatéraux qui mènera la quête de
l'Homme vers un échec.
Avatar est
sans l'ombre d'un doute l'un des grands Blockbusters du début des
années 2000. Un budget de départ phénoménal pour un résultat
dantesque. Un scénario qui n'a rien de novateur, mais qui offre aux
cinéphiles un spectacle de toute beauté. Côté casting, l'essentiel
est atteint, notamment avec la présence de la star montante
Hollywoodienne, Sam Worthington (Terminator Renaissance), dans la
peau de l'acteur principal. Par ailleurs, Zoe Saldana vient ici
confirmer sa bonne prestation donnée dans l'adaptation
cinématographique de "Star Trek". Enfin, Sigourney Weaver apporte
son expérience de grande actrice, nécessaire à un long métrage de
cette envergure. Des dollars, d'époustouflants effets spéciaux, de
bons acteurs et une belle histoire d'amour confrontée aux plus
grands défauts de l'Humanité : Bienvenue sur
Pandora.
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