Accueil Date de création : 28/08/08 Dernière mise à jour : 11/07/09 12:00 / 23 articles publiés

Sélection Night Shyamalan

Sélection Night Shyamalan : "Phénomènes"  (Sélection Night Shyamalan) posté le mercredi 31 décembre 2008 12:00

Le 11 juin 2008, est sorti dans nos salles la nouvelle réalisation de Night Shyamalan : "Phénomènes". Un titre tout à fait normal au vue des antécédents du réalisateur en question. Cependant, derrière cet intitulé, se cache un film plein de suspens et d'intrigue, suscitant une foultitude de questions chez le spectateur. Le réalisateur met au premier plan un Mark Wahlberg dans le rôle du prof de sciences totalement dépassé par les évènements.

Il n'est guère aisé de mettre en évidence une menace invisible sur grand écran. Pourtant, c'est ce que fait Shyamalan avec talent dans ce film. Il réussit à nous inquiéter en usant simplement du souffle de vent balayant les prés et fouettant les branches des arbres. Il fait d'un endroit bucolique, un véritable territoire de mort, un véritable enfer. Mais alors pourquoi avoir choisi la flore comme ennemi ? Peut être pour dénoncer l'insouciance de l'Homme vis à vis de la nature. Peut être pour montrer que l'Homme n'est à l'abri nulle part en ce bas monde. Peut être pour aucune raison. Ce qui est sûre en revanche, c'est que tout l'art de Shyamalan réside dans cette faculté de faire d'une situation quelconque, une situation conjuguant à la fois stress et angoisse.

Tout le monde connaît le vieil adage affirmant qu'à chaque problème, il y a une solution. Or, Shyamalan va tout mettre en oeuvre au travers de son film pour nous prouver le contraire. En effet, il va poser le problème mais sans l'éclaircir par une quelconque réponse ou solution. A première vue, cet état de fait paraît plutôt compliqué, dans le sens où c'est le spectateur qui doit tenter de trouver les réponses par l'intermèdiaire de sa propre réflexion personnelle. Il est donc évident que cette réalisation ou plutôt  les questions qu'elle renferme, n'admettent pas de réponses exactes ni de solutions vérifiées et vérifiables. Le spectateur est donc invité à formuler des hypothèses pour comprendre les "Phénomènes", mais sans les vérifier. Shyamalan veut sans l'ombre d'un doute créer une situation de discussion, afin  que nous puissions savoir si l'Homme mérite encore aujourd'hui sa place sur terre.

Il n'hésite pas à montrer les limites de la science et notamment des mathématiques, face à une situation d'incompréhension totale, comme c'est le cas dans le film. Pour cela, il introduit John Leguizamo dans la peau d'un professeur de mathématiques, lui aussi tout à fait désorienté et incapable de comprendre les phénomènes. Le réalisateur s'acharne à montrer au travers de diverses répliques, que les probabilités et les statistiques rassurent les populations en cas de crises mais ne résolvent en rien les problèmes. Aucun calcul, aucune formule, n'est capable d'apporter une réponse concrète à un problème de cette ampleur. De manière générale, le spectateur se rend compte alors que l'Homme ne possède qu'une vision théorique du monde et ne peut ni savoir et ni comprendre de manière concrète, les phénomènes qui l'entourent.

En somme, Shyamalan nous livre à nous même en nous laissant dans le flou et dans la réflexion. Mais alors comment interpréter un tel scénario ? L'Homme est-il aujourd'hui en mesure de réagir face à de tels phénomènes ? Quelles conclusions devont nous en tirer ? Voilà quelques questions auxquelles est confronté le spectateur lorsque le générique de fin est lançé. Le mystère plane. C'est ça, Shyamalan...

 

   

 

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Sélection Night Shyamalan: "Le Village"  (Sélection Night Shyamalan) posté le mardi 09 septembre 2008 16:00

 Dans le cadre de la sélection Shyamalan vous trouverez ci-après une analyse succincte de l'une de ses réalisations : "Le Village". En effet, celui-ci sort en 2004 un thriller à la fois plein de suspense comme à l'accoutumée, mais aussi teinté de poésie et de finesse.

A la fin du XIXème siècle, une petite communauté habite un village perdu au fin fond de nulle part. A l'orée d'un bois , hanté par d'étranges créatures légendaires, les habitants du village semble vivre hydilliquement dans leur petit monde rempli de valeurs, de traditions et de respect. Une règle d'or ne doit pas être oubliée : ne jamais pénétrer dans la forêt voisine afin de respecter le pacte avec les créatures vivant de l'autre côté de la frontière. Cependant, malgré l'importance de la tradition, un jeune homme nommé Lucius Hunt (Joaquin Phoenix), est bien décidé à franchir la ligne fatidique, ce qui risque de changer bon nombre de choses quant à l'avenir de la communauté.

"Le Village" nous confronte donc à un "ras le bol" d'un petit groupe d'individus, vis à vis de la violence engendrée par le progrès et ses retombées négatives sur nos sociétés modernes. Solution au problème : le retrait et l'isolationnisme. Le réalisateur a l'intelligence d'intégrer au groupe une aveugle, Ivy Walker (Bryce Dallas Howard). Ne pouvant pas voir, elle bénéficie cependant d'une ouïe surdéveloppée et peut ressentir l'aura des personnes qui l'approche. Elle n'est donc pas directement confrontée à la réalité des choses, et aux attitudes des autres villageois, dont le comportement est dicté par les "chefs" du hameau. Elle se fait sa propre idée, seulement en écoutant et sans être dupée par ce que certains voudraient q'elle voit. Ainsi, Shyamalan nous rappele que ce que nous voyons, entendons et croyons est maîtrisé par nos dirigeants. Il nous invite à comparer le petit groupe leader du village, à nos gourvernements. Une conclusion emmerge alors : tous usent de la peur comme moyen de manipulation. Cependant, la manipulation mise en place dans le film par les doyens, a pour but ultime la protection de leurs enfants contre la cruauté du monde réel.

Par ailleurs, ce long métrage peut à la fois faire rire, pleurer et sursauter. Le réalisateur prend son temps, nous présente l'histoire posément et de façon captivante, laissant traîner au passage quelques indices amenant le spectateur droit vers une fin inatendue et surprenante. On sent au file des minutes que ce villages renferme de nombreux secrets et l'ambiance qui y règne  est loin d'être normale. C'est donc une montée en intensité que nous propose Shyamalan, magnifiquement orchestrée par un Adrien Brody (Noah) talentueux dans le rôle du déséquilibré mental. En fin de compte, outre l'aspect stressant et angoissant du film, c'est à une reflexion sur notre condition d'être humain régie par des lois, à laquelle nous invite Shyamalan.

De même, la couleur soit disante protectrice, que les villageois porte près de la forêt est le jaune. Elément à ne pas négliger puisque le jaune caractérise la couleur solaire. Par ailleurs, le bois est présenté comme un lieu flou, hostile et sombre. Or, c'est en s'affublant d'un vétement de couleur jaune que Ivy , aveugle, se rendit dans la forêt, incarnant en ce sens le flambeau illuminant les ténébres. En somme, le réalisateur nous conte une histoire reposant sur un lourd secret et qui a tendance à désunir les générations, et portant un regard critique sur l'évolution de l'Humanité.

      

 

 

 

    

 

 

 

 

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Sélection Night Shyamalan: "Signes"  (Sélection Night Shyamalan) posté le dimanche 07 septembre 2008 12:00

 Le talent indéniable de Night Shyamalan est de faire du déjà-vu, un film qui à la fois hypnotise et terrorise. C'est ce qu'il fait avec classe dans "Signes" en 2002, où il fait appel notamment  à Mel Gibson et Joaquin Phoenix.

Graham Hess (Mel Gibson) vit dans sa ferme en pennsylvanie dans la petite ville de Bucks County, en compagnie de ses deux enfants Morgan et Bo, ainsi que de son jeune frère Merill (Joaquin Phoenix). Ayant perdu quelques mois plus tôt son épouse lors d'un tragique accident, Hess ancien pasteur n'a plus la foi et tente de reprendre une vie normale entouré de sa famille. C'est donc une période difficile que traverse la petite famille des Hess, renfermée sur elle-même au beau milieu de ses parcelles de maïs. Situation d'autant plus difficile qu'un matin Graham découvre des signes et des formes des plus étranges dans ses champs de maïs. Canular, Triste plaisanterie ou signes extraterrestres ? C'est ce à quoi Graham Hess et son frère Merill vont tenter de répondre.

Shyamalan nous présente ici un Mel Gibson blessé dans sa chair qui ne croit plus en rien et en proie au doute. Il sait utiliser nos peurs les plus anciennes telles que l'invasion, la nuit ou encore l'asphyxie pour créer un supense intense. Par ailleurs, il ne nous montre aucunement une guerre entre les humains et une quelconque espèce extraterrestre, mais justement joue sur nos nerfs en utilisant la maison familiale, lieu de tranquillité et de repli, comme le lieu même de l'agression. Son film est réalisé de telle sorte que la majeure partie est en fait une préparation avant une surprenante révélation finale. En quelques sortes, Shyamalan prépare son spectateur en jouant sur l'angoisse et la peur, pour nous proposer une fin qui malheureusement ne marquera pas l'histoire du cinéma. De même, le fait d'assister à l'invasion sans la voir, mais juste en entendant des bruits de fracas derrière les planches clouées aux fenêtres de la maison, rend l'ambiance lourde, stressante et à la limite du supportable. Rappelons que tout le film se déroule en intégralité dans la propriété des Hess, hormis une scène en ville, ce qui oblige Shyamalan à nous présenter l'invasion par l'intermédiaire de la télévision, donnant lieu à un cadrage pour le moins serré et oppressant. Il ne  nous montre les envahisseurs que de façon partielle: un reflet, une patte ou bien un bruit, nous laissant imaginer le pire. Et que dire du moment où Graham, lampe torche à la main, part seul en pleine nuit dans ses champs. Le réalisateur insiste au cours de cette scène sur des gros plans, limitant ainsi le champs de vision du spectateur pour encore mieux accroître le tourment et la peur. Pour finir, Night Shyamalan n'expliquera pas la soudaine disparition des extraterrestres, préferant laisser à son scénario sa part de mystère.

 

 

 

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